Parce que… c’est l’épisode 0x746!

Shameless plug

Description

Introduction

Dans cet épisode de PME, l’animateur reçoit Cyndie Feltz, Nicholas Milot et Dominique Derrier pour discuter du vibe coding — une tendance qui consiste à générer du code quasi entièrement à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, souvent sans posséder de solides bases en développement. Le ton est décontracté, ponctué d’humour, mais le fond du propos est sérieux : si le vibe coding ouvre des portes fascinantes, il comporte aussi des risques bien réels, particulièrement en matière de sécurité et de maintenabilité.

L’analogie de la maison : séduisant mais fragile

Pour illustrer le concept, Cyndie propose une analogie percutante : imaginez construire une maison en se contentant de décrire vocalement ce qu’on veut — la couleur des murs, l’emplacement des fenêtres — sans aucune connaissance en construction. Le résultat visuel peut être bluffant, mais irait-on habiter cette maison ? Probablement pas, car personne n’a pensé aux normes antisismiques, aux règles du bâtiment, à la plomberie ou à l’électricité.

L’analogie tient parfaitement pour le développement logiciel : une application vibe codée peut avoir l’air fonctionnelle et même impressionnante en surface, tout en étant criblée de failles de sécurité, dépourvue de gestion des erreurs, et incapable de passer en production. Le rendu visuel crée une illusion de compétence qui peut être dangereuse si l’on n’a pas les bases pour évaluer ce qu’on a réellement construit.

Les cas d’usage légitimes

Les participants s’accordent néanmoins à reconnaître la valeur réelle du vibe coding dans certains contextes précis :

  • Les preuves de concept (POC) : pour valider rapidement une idée, démontrer la viabilité d’une fonctionnalité ou présenter un prototype à des parties prenantes, l’outil est fantastique. Il permet d’éviter de gaspiller des cycles de développement coûteux avant même de savoir si l’idée mérite d’être poursuivie.
  • Les outils internes : pour des scripts légers, des automatisations maison ou des utilitaires qui ne seront jamais exposés à des utilisateurs externes, le vibe coding offre une grande souplesse.
  • Les petits sites vitrines : créer une page web simple pour présenter une entreprise est un cas d’usage où les risques restent limités.

Nicholas souligne que le scénario change radicalement si c’est un expert qui utilise le vibe coding pour accélérer son travail plutôt qu’un non-initié qui s’y fie aveuglément. Un développeur expérimenté sait quelles questions poser, quelles contraintes intégrer dans ses prompts, et surtout quand le code généré est insuffisant ou dangereux.

Les risques concrets

La sécurité, grande oubliée

Cyndie, qui œuvre dans le domaine de la sécurité, pointe plusieurs vulnérabilités typiques du vibe coding :

  • La gestion des secrets : une personne sans expérience va naturellement coller ses clés API (Stripe, GitHub, OpenAI) directement dans le code, sans comprendre que c’est une pratique catastrophique.
  • Les permissions excessives : si on fournit à l’agent IA un accès complet à une base de données, rien ne l’empêche de générer — et d’exécuter — une commande DROP TABLE. Il faut réfléchir aux moindres privilèges, ce qui requiert une connaissance du domaine.
  • Le contournement des protections : certains LLM, interrogés de la bonne façon, acceptent désormais de fournir des techniques pour bypasser des systèmes de sécurité (comme les EDR), voire d’écrire des preuves de concept malveillantes.

L’incident Amazon

Un exemple concret frappe les esprits : en février 2026, Amazon aurait subi une interruption de service d’environ 13 heures après qu’un employé a utilisé un outil de type Cursor (l’éditeur interne « Kiro ») pour supprimer et recréer des secrets et des connexions, mettant accidentellement AWS hors ligne. En réaction, Amazon a instauré une règle interne obligeant les développeurs juniors et intermédiaires à faire approuver leurs mises en production par un développeur senior — ce qui revient à admettre officiellement que l’expérience humaine reste indispensable.

La dette technique et la maintenabilité

Nicholas insiste sur un autre écueil : le code vibe codé est difficile à maintenir. Sans documentation adéquate, sans architecture réfléchie, le code généré par IA ressemble à du Perl écrit en une ligne — on ne comprend plus ce qu’on a fait quelques semaines plus tard. Plus l’application grossit, plus la gestion du contexte entre les différents agents IA devient complexe, et plus il faut investir dans des fichiers de documentation (Markdown, instructions de projet) pour garder le cap.

Les hallucinations de dépendances

Un autre cas inquiétant est évoqué : un LLM qui invente une dépendance npm inexistante. Des centaines de dépôts GitHub se sont retrouvés à référencer un package qui n’existe pas, parce que l’IA l’avait suggéré avec confiance. Au-delà du dysfonctionnement, le risque de sécurité est évident : si quelqu’un crée un vrai package malveillant portant ce nom, il serait automatiquement adopté par tous ces projets.

Le vibe coding comme exosquelette

La métaphore finale la plus juste est celle de l’exosquelette : le vibe coding décuple les capacités de ceux qui savent déjà marcher, mais ne remplace pas les jambes. L’humain reste central. L’IA accélère, automatise et débloque des possibilités nouvelles — mais elle ne remplace ni le jugement, ni l’expérience, ni la responsabilité.

La course à la vitesse pousse les entreprises à sacrifier la qualité et la sécurité, ce qui mène inévitablement à des échecs retentissants. Le consensus des panélistes : utiliser le vibe coding pour explorer et prototyper, puis confier la production à des processus rigoureux, idéalement guidés par des personnes qui comprennent ce qu’elles construisent.

Collaborateurs

Crédits

Télécharger .m4a (24.5M) Télécharger .mp3 (20.9M)

Tags: ia, programmation, vibe


Tweet